Btn retourLa rue de Cormeilles par Allain Prigent

 

Chemin

 La rue de Cormeilles fut appelée autrefois rue du Puits de la Barre puis rue du Chevalier. Elle est  la plus ancienne rue de Franconville la· Garenne, et la première.
L'actuelle intersec­tion de ces deux rues est le départ de la créa­tion de notre ville.

Si nous remontons le temps et nous arrêtons au VII° siècle, ici un vieux chemin gaulois qui vient de Paris, empruntant le flanc de la colli­ne pour éviter les marais, vasières et mares qui s’étendent dans la plaine et qui se dirigent vers Pontoise. Un autre chemin partant de ce dernier pour se rendre à Cormeilles en franchissant la colline et traversant les bois.

DagobertDeux noms ont marqué l'histoire de notre ville: l'Abbaye de Saint Denis et les Montmorency

Naissance d'un fief
L'abbaye de Saint-Denis fondée en 626 par Dagobert puis reconstruite par Charlemagne en 775, ces deux dynasties ont fait de l'abbaye, le plus grand propriétaire foncier du royaume. Nous sommes sur l'un de leur fief  "le clos Saint-Denis". Au VIII' siècle, des moines envoient des colons pour assécher les marais, ils s'installeront à la croisée du chemin qui mène à Cormeilles.

Robert Le PieuxAu Xe siècle, un proche voisin, le duc de France, futur Hugues 1er Capet occupe la plaine de France, et envisage le pouvoir royal. Il est soutenu par de nombreux seigneurs, par un certain Bouchard I.
Bouchard Il sera en perpétuel conflit avec l'abbaye qu'il pillera à plusieurs reprises.
L'abbé Vivien s'en plaint au roi Robert II le Pieux fils de Hugues 1er Capet. Il l'éloignera de Saint-Denis et lui donnera en échange une place forte à défendre : Montmorency.

 

Vieux ChateauNous sommes en 1171 sous le règne de Louis VII le jeune, fils de Louis VI le gros avec l'abbé Suger comme ministre. Gauthier I descendant de Bouchard I décède, sa fille Marguerite de Montmorency sera sa seule héritière. Elle épouse un chevalier d'origine normande Guillaume I Bateste, ils sont les premiers seigneurs de Franconville.

Ils construisent un château situé entre les rues de Cormeilles, du général Leclerc, Jean Leblond et sur les hauteurs, la rue des Rommes.
Face à ce château, rue de Cormeilles, il a été découvert lors de la rénovation de la ville en 1962, les fondations d'une chapelle.
Ce premier seigneur meurt en 1210. Il sera enterré dans la première église Sainte Madeleine qu'il fit construire vers1200, son épouse décède vers 1186.

 

blason Fief de 1477 à 1554

Suite à la disparition du dernier Bateste, une succession longue et difficile va avoir lieu et donne raison aux Montmorency.
En 1609 Charlotte de Montmorency, qui en est propriétaire, épouse un Bourbon, un de leur fils sera le Grand Condé.
La seigneurie revient aux Condés.
En 1652 les luttes entre le Grand Condé et les troupes royales vont anéantir le village, de cent vingt feux il n'en restera qu'à peine la moitié.

 

Fief de 1747 à la Révolution

Chateau CassiniEn 1747, le nouveau propriétaire, le comte de Longaunay colonel d'infanterie, y restera près de quarante années.
En 1780 le château est reconstruit sous la forme d'une très belle demeure du XVIII' siècle entourée d'un parc magnifique.
Le comte a cinq filles, son épouse décède en février 1781.
Ce château a son entrée par une belle grille en fer forgé, un colombier, des écuries où l'on peut y loger vingt chevaux. Attenante à ce château, une hôtellerie avec écurie pour quatre vingt chevaux. Un parc de 23 arpents face au château, 4 arpents de potager et 167 arpents de terres labourables, prés et bois.
Il sera mis en vente en février 1784, et le 22 novembre 1788, l'adjudication du château revient à Anne-Léon duc de Beaufort ­ Montmorency.

De la Révolution à nos jours

Anne Léon de Montmorency durant la révolution émigre en Westphalie où il meurt . Du­rant la révolution, la propriété est vendue comme biens nationaux, elle subira un pre­mier morcellement.
Plusieurs propriétaires vont se succéder. En 1868 le parc compte encore 17 hectares et en 1921 il est divisé en lotissement.