LES DEBUTS DE L’ENSEIGNEMENT A FRANCONVILLE

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Charlemagne voulut que le peuple pût s’instruire et qu’il y eût près de chaque église dans les bourgs et les villages une école gratuite tenue par le prêtre. Mais à cette époque il n’y avait ici ni église, ni village connu.
Les premiers documents remontent à 1703. Il est donné par un maître et une maîtresse d’école, pour environ 700 habitants. Ces écoles portent le nom de charité parce qu’elles sont financées en partie par la confrérie de la Charité, à cause de
Scol emplacementl’instruction qu’ils donnent aux élèves indigents. C’est chez eux qu’ils reçoivent les enfants qu’on leur confie.
La commune ne fournissant aucun local aux maîtres, qui se logent comme ils l’entendent. Ils paient de leur denier le loyer de leur habitation ainsi que le mobilier de la salle de classe. Quant à l’assemblée municipale comprenant un syndic, neuf membres élus, le curé et le seigneur, ces réunions ont lieu à l’église après la messe ou les vêpres. Le cimetière se trouve sur un emplacement de vingt mètres sur onze situé près de l’église. A l’autorisation demandée en 1788 d’acquérir une maison en face de l’église pour y installer les écoles de garçons et de filles ainsi que le vicaire et d’agrandir le cimetière sur l’emplacement du vicariat à démolir, un refus est opposé par le département de Saint-Germain.
Avant 1793
, les maîtres et maîtresses sont nommés après avoir été désignés par les habitants, par des personnes ayant fait donation de rente aux écoles. Leur examen consiste en: une lecture, une page d’écriture en gros, en moyen, en fin, une règle. Ils assurent l’instruction religieuse. La surveillance des écoles appartient au curé. Le 1er février 1792 le maître d’école obtient le vicariat inoccupé pour y loger gratuitement et y exercer ses fonctions (Louis Couvreur)
Ce bâtiment est situé derrière l’église. La maîtresse d’école obtient de louer une partie de la maison du maire (Pierre-Antoine Bertin) destinée à servir de corps de garde.
En 1794, le culte catholique étant supprimé, la commune dépense 190 livres pour aménager le presbytère situé à gauche de l’église. Les deux classes et les deux enseignants y sont logés. Les assemblées municipales s’y tiennent également.

En 1804 le culte catholique étant rétabli, la maîtresse doit abandonner le presbytère. Celui ci est partagé de la manière suivante :

      -  Cinq pièces et vingt-huit perches de jardin au curé.
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Une salle au 1er étage pour les assemblées d’administration du culte.
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Une salle au rez-de-chaussée pour faire la classe aux garçons.
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Trois pièces et seize perches de jardin pour le logement du maître.
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La cour et le grenier sont communs.

Scol ecole eglise

1792 : 1ère école

carrefour eglise

Position des écoles au 19ème siècle

Scol ecole 1960

1836 : 2ème école

Le maître et le curé habitent ainsi sous le même toit de 1802 à 1820. Le maître est alors logé en face de l’église. Mais la salle de classe restera dans le presbytère jusqu’en 1842. En 1812, le cimetière est transféré Chemin Neuf de Cormeilles. Son emplacement sera déblayé en 1831.
Depuis 1793, les maîtres et maîtresses sont nommés par les administrateurs du district (correspondant à l’arrondissement de Pontoise du département de Seine et Oise) et inspectés par un agent national. En 1814, Mr Cuvier, inspecteur d’académie pour le département, leur prescrit de ne point élever leur enseignement au-delà de la lecture, de l’écriture et des éléments de calcul.
A partir de 1833, les maitres doivent justifier de la possession d’un brevet de capacité. Candidats à une place, ils doivent passer devant une commission communale composée du maire, du curé et de cinq notables, puis être institués par le ministre. Les écoles normales pour former les instituteurs sont créées en 1833. On ajoute aux notions déjà enseignées celles de la langue française, du système métrique, d'histoire et de géographie. La loi de 1850 modifie encore le régime de l’instruction publique. La nomination de l’instituteur est faite par le préfet.
En 1802, l’école des filles est installée dans l’ancien vicariat devant le presbytère. Celui-ci est démoli en 1849 et une nouvelle école est construite près de l’église. Elle comprend une salle de classe de 8 mètres sur 7 au rez-de- chaussée et les appartements de la maitresse au 1er étage (bâtiment A du plan1).
Revenons à l’école des garçons restée dans le presbytère. Dès 1836, le conseil désirant doter la commune d’une école convenable pour les garçons, achète une maison située prés de l’église, en bordure de l’ancien cimetière. Démolie, elle est remplacée par la mairie-école (photo de droite), la place entre elle et l’église devenant cours de récréation et place de réunion. Cette construction, qui a en totalité 14 mètres de long sur 6 de large, comprend au rez-de-chaussée une salle de classe d’environ 8 mètres sur 6 et un corps de garde s’ouvrant sur la place. Deux escaliers donnent accès, l’un aux appartements de l’instituteur et l’autre à la mairie située au 1er étage. Celle ci se compose d’une salle du côté de la rue de Paris où elle se prolonge par un balcon et d’un cabinet noir. Le logement de l’instituteur comprend 3 pièces et un cabinet. Au dessus se trouve un grenier dans lequel sont aménagées deux petites chambres. Une cave du presbytère reste à la disposition de l’instituteur. Cette mairie école est mise en service en 1842 (bâtiment C du plan 1)

En 1868, on construit une salle d’ «asile» derrière l’église au fond du jardin de l’école des filles. Elle doit abriter les jeunes enfants, garçons et filles, avant leur entrée à l’école. C’est cette salle qui deviendra en 1888 école des filles et classe enfantine. C’est pour éviter d’avoir à nommer à l’école des garçons un maître-adjoint que le conseil préfère créer cette salle d’asile pour les jeunes enfants. La direction de cet asile ainsi que celle de l’école des filles sont confiées à des sœurs (bâtiment B du plan 1).

En 1877, la mairie-école devient insuffisante par suite de l’augmentation du nombre des élèves. On doit songer à l’agrandir ou à la remplacer. Il est alors décidé qu’on construira une école neuve sur des terrains que la commune achète à cet effet. La construction est terminée en 1881. C’est le premier bâtiment administratif quittant le centre primitif de la rue de Paris en direction de la gare qui attire de plus en plus les constructions. La mise en service coïncide avec la loi de 1881 qui rend l’école laïque, gratuite et obligatoire. C’est encore à ce moment-là qu’est créé un poste d’instituteur adjoint.

Quand aux sœurs, elles conservent la direction de l’école des filles, devenue pensionnat Notre-Dame du Calvaire, jusqu’en 1887. Elles sont alors remplacées par trois institutrices laïques dont une pour la salle d’asile devenue classe enfantine. Les sœurs ayant ouvert une école privée dans la commune, le nombre des filles diminue et les maîtresses ne sont plus que deux à partir de 1888.

L'école est obligatoire de 6 à 13 ans, mais la règle n’a pas toujours été bien appliquée à Franconville !!!

Les effectifs scolaires qui augmentent régulièrement au cours du XIXème siècle, passent de 1350 élèves en 1876, à 1700 en 1900, puis à 3500 en 1921

Voyons la situation en 1900. La mairie-école (bâtiment D des plans II et III) est située sur le boulevard. Le monument comprend, au rez-de-chaussée, sur le devant, une grande salle de mairie, de chaque côté de laquelle sont des annexes où l’on a établi, à droite les bureaux et, à gauche, un logement qui est à l’usage du secrétaire de mairie. Sur le derrière sont les classes au nombre de deux, grandes, hautes, claires et aérées. Sur le côté il y a une cour et un préau couvert pour les élèves ainsi qu’un jardin pour l’instituteur. A l’étage l’appartement de l’instituteur.

L’école des filles est toujours près de l’église. Elle se compose à l’entrée d’un jardin et d’un pavillon qui sert de logement aux maîtresses. Au fond de ce jardin sont les classes au nombre de deux, séparées par un préau couvert.

Derrière se trouve la cour de récréation (A et B du plan I).

Depuis 1881, l’enseignement étant gratuit pour tous les élèves, les enfants reçoivent même gratuitement les fournitures scolaires. Celles-ci sont payées par la caisse des écoles qui a été fondée en 1884 et qui donne, en outre, des vêtements aux élèves indigents pendant la saison d’hiver.

L’école des garçons est fréquentée par 90 élèves et celle des filles par environ 60, y compris ceux de la classe enfantine. Les programmes d’enseignements comprennent les matières suivantes: instruction morale et civique, lecture, écriture, langue française, histoire, géographie, arithmétique, système métrique, géométrie, sciences physiques et naturelles, agriculture, dessin, travail manuel, gymnastique, musique. Chaque année les élèves studieux qui ont atteint l'âge réglementaire sont présentés aux examens du certificat d’études primaires à Montmorency.

Pour permettre aux jeunes qui ont quitté l’école de conserver les notions qu’ils ont apprises et même d’en acquérir de nouvelles, il est ouvert le soir, pendant la saison d’hiver, un cours spécial pour les adultes. La population de la commune étant passée de 1350 en 1876 à 1700 en 1900, sera de 3500 en 1921. L’histoire des mairies et des écoles est faite de locaux, toujours plus grands mais devenant très vite insuffisants. En 1909, un bâtiment situé rue de la Station devient mairie (voir photo). Il comporte une salle vitrée donnant vers l’ouest qui se dérouler pendant un soixantaine d’années d’innombrables réunions et fêtes. Il y eut même une classe pendant la guerre de 1914-1918. Ce bâtiment sera rasé en 1974.

En 1909, la mairie-école (D) est agrandie de salles sur l’arrière du bâtiment. En 1910, une école maternelle à une classe y est créée, libérant ainsi l’école des filles, à l’étroit dans ses locaux derrière l’église, de la classe enfantine.