Raymond MOREL dit "Gaspard" par Pierre BoisaubertBtn retour

 

MOREL Raymond Maurice Albert, Conseiller Municipal de Franconville né le 10 juillet 1908 à Coulommiers. Arrêté le 28 août 1943 à Brie-Comte-Robert, déporté le 19 octobreMorel 1943 au camp de Buchenwald. Décédé en déportation le 3 février 1944. Déclaré « Mort pour la France » le 30 avril 1948.

Né à COULOMMIERS, 1 rue Valentin le 10 juillet 1908, il devient « Pupille de la Nation », son père ayant été tué au front en 1918.
Élevé par sa mère, employée des P.T.T, il obtient le Certificat d’Études Primaires (mention Bien) en juillet 1920, puis le brevet d’Enseignement Primaire Supérieur (section commerciale) en juillet 1924. Dans les années qui suivent, il compléta ses connaissances par un diplôme de sténographie et une capacité en droit.
A partir de cette date et jusqu’en 1928, où il part au service militaire, il travaille comme employé de commerce chez son oncle, garagiste 4bis rue d’Orcel à PARIS. Affecté le 10 novembre 1928, il est incorporé au 152ème Régiment d’infanterie à COLMAR, et devient en 1929 « caporal-musicien ». Devenu caporal-chef, il est « renvoyé dans ses foyers » le 28 mars 1930, et reprend son travail chez son oncle, dont les ateliers entre-temps ont été déplacés à FRANCONVILLE, 10 rue du docteur Roux ; c’est là qu’il habite d’abord rue Marinette, puis après son mariage, le 13 septembre 1930 avec Andrée GORSMANGE, fille d’un artisan et conseiller municipal de cette ville de Seine et Oise, 88 rue de Paris, chez ses beaux-parents.
Du mariage sont nés deux enfants, le 27 mai 1932 et le 14 mars 1940…
En mars 1937, il demande à subir les épreuves de l’examen d’inspecteur stagiaire de la Sureté Nationale.
Dans l’enquête préliminaire habituelle, le Commissaire Divisionnaire DEMARTINI signale qu’il parle l’anglais couramment, qu’il est républicain (« …ne s’occupe pas de politique… » (sic), a une bonne éducation, qu’il est discipliné, et qu’en matière d’initiative il est « …susceptible d’en faire preuve le cas échéant… ». A la rubrique « Est-ce un sujet d’avenir ? », il a répondu « susceptible de devenir un bon élément… »
Cet « avenir » sera interrompu le 2 février 1944 « …à BUCHENWALD où il est décédé à la suite de mauvais traitements… » : il avait 36 ans.

Déroulement de sa carrière

  • Inspecteur de police :

Reçu à l’examen d’inspecteur, il est recruté le 11 août 1937, et affecté au Commissariat central de LAON (Aisne) qu’il quitte dés le 11 octobre pour le contrôle général des services de police criminelle à PARIS.
C’est dans ce service dirigé par Antoine MONDANEL  qu’il est titularisé un an plus tard, ayant d’après celui-ci « …fait preuve d’intelligence et d’activité dans cette branche… » ; il reste en fonction jusqu’en février 1941, mais non plus à Paris évidemment, à Vichy à partir de septembre 1940.
En juin 1941, il sollicite l’autorisation de se présenter au concours d’admission à l’École Supérieur de Police de SAINT-CYR au MONT- d’OR. Il est reçu et obtient la note de 12/20 à la dissertation proposée « L’expansion coloniale française » dont le correcteur juge qu’il y a « …quelques bonnes idées…notamment en ce qui concerne l’œuvre colonisatrice de la France… » et 14/20 au thème anglais.

  • Commissaire de police

Affecté provisoirement à LYON comme commissaire de 3ème classe, 3ème échelon, il est mis à la disposition du Préfet de Seine-et-Marne, à compter du 16 février 1942 et nommé à MELUN. Il semble avoir exercé ses fonctions à BRIE-COMTE-ROBERT ainsi qu’il est indiqué dans un arrêté de promotion à la 2ème classe « Fait à Vichy le 24 juin 1944 »

  • Résistant

Or, il a été déjà arrêté le 28 août 1943 par la Gestapo de Paris, transféré à son siège du 84 avenue Foch et déporté en Allemagne.
Déjà lorsqu’il était inspecteur en zone non occupée, il avait fait l’objet d’un certain nombre de reproches apparaissant dans ses bulletins de notation (et ceci en contradiction avec les rapports élogieux de ceux qui les avaient précédés avant-guerre).
En outre, un rapport copieux établi lors d’un contrôle à la ligne de démarcation le 1er mars 1941, où l’inspecteur Morel porta assistance à deux femmes employées des P.T.T à Vichy, mutées en zone occupée, montre que s’il n’est peut-être pas engagé officiellement dans la résistance, il n’hésite pas à « contourner » les « lois » du gouvernement français aux ordres des Allemands. L’inspecteur Général des services de Police criminelle, chargé de l’affaire adresse de sévères observations à l’intéressé, mais juge qu’elle « n’est susceptible d’aucun autre suite… » Le signataire de la note est M. Mondanel, ancien chef de l’inspecteur Morel.
Lorsqu’il est arrêté le 28 août 1943 par la police allemande, l’Intendant de police de Seine-et-Marne s’étant enquis des raisons de l’arrestation, reçoit une réponse du commandant de la Police de Sûreté KNOCHEN accusant Morel et le gendarme Louis BOCQUET arrêté en même temps que lui et qui seraient « …affiliés en qualité de membres au Groupe « La Libération » à BRIE-COMTE-ROBERT d’avoir organisé un parachutage d’armes dans la région de FLEROLLE. De plus, le commissaire Morel est coupable d’avoir aidé et laissé échapper un travailleur réfractaire.

R. MorelLe 12 novembre 1945, le Secrétaire Général pour la Police de VERSAILLES produit une notice de renseignements sur Raymond Morel. Il y est dit qu’il appartenait au réseau « COHORS-ASTURIES » sous le pseudonyme « GASPARD ». Arrêté par la Gestapo et accusé d’« aide à puissance étrangère » il est déporté à BUCHENWALD et y meurt le 2 février 1944.

Il est inhumé au cimetière de Franconville.

 

Source Renée Wathier