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La Fondation SUGER   par un ancien collégien Robert Guénet

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Jusqu’en 1956, Franconville ne comportait qu'un établissement scolaire "libre" : l'institution Sainte Jeanne d 'Arc normalement ouvert aux jeunes filles mais qui acceptait également des garçons jusqu'à l'âge de 12 ans et seulement en primaire.
Aussi, certaines familles dont les garçons devaient quitter Jeanne d'Arc eurent le plaisir de connaître l'ouverture en septembre 1946 du premier collège confessionnel de Franconville "La Fondation Suger". Cet établissement s'installa dans la propriété Blanchet qui avait appartenu autrefois à Monsieur de la Crosnière, une des plus belles demeures de Franconville située en face de l'église. Hélas, son occupation par l'armée allemande en 1940 puis l'armée américaine à la libération l'avait quelque peu abîmée. Pour la rentrée, un petit coup de neuf fut donc donné pour accueillir les nouveaux collégiens qui n'étaient pas très nombreux : une douzaine d'élèves entre la 5ème et la 6ème et deux en classe de seconde (François Massard et Claude Baldi).

Suger boisLe directeur, Monsieur Jean Rivière, enseignait le latin, Madame Rivière le français, une dame les mathématiques et le piano, Sœur St Georges ("prêtée" par Jeanne d'Arc) l'anglais, un surveillant avait la charge du programme histoire-géographie. La gymnastique fut assurée par un des eux élèves de seconde. A part la sœur St Georges, les enseignants étaient logés sur place. L'hiver venu, les classes furent chauffées avec des petits poêles genre Mirus (par manque de combustible, il était encore impossible d'utiliser un chauffage central au charbon). La cantine était à l'arrière du bâtiment dans la grande salle vitrée (toujours visible) qui à l'époque regardait l'étang (qui n'existe plus). Après le grand escalier extérieur on entrait dans la chapelle où, les cours terminés, nous avions droit au chapitre comme les moines dans les monastères. Le grand parc de 9 hectares était notre cour de récréation et il était assez difficile de nous ramener à l'étude après une si large liberté car nous découvrions les nombreux bâtiments en ruine, la glacière, le grand potager et, pour certains, un souterrain !

annee 1961Robert Benzi

 

Le collège connut rapidement quelques semaines d'interruption : il n'était pas conforme aux critères de l'enseignement (d'après certains renseignements, le directeur n'avait pas les diplômes exigés). Un religieux vint, suffisamment qualifié pour cumuler les fonctions de directeur officiel et d'aumônier car les cours purent reprendre. A la rentrée 1947, des professeurs diplômés vinrent rehausser le niveau de l'établissement, la chapelle quitta le bâtiment principal pour l'orangerie et de nombreux élèves arrivèrent de plusieurs départements : deux versaillais, fils d'un grand commerçant d'Alençon, celui d'une grande librairie du quartier latin, un autre venait du nord, fils d'un gros négociant en meubles, un fils d'avocat, le fils d'un metteur en scène renommé (Jacques Daniel-Norman) et c'est ainsi que le futur chef d'orchestre Roberto Benzi vint étudier à Franconville à la rentrée de 1950 après avoir tourné le film "Prélude à la gloire". Quant au rédacteur de ces quelques souvenirs, il quitta le collège après y avoir obtenu le brevet ("Brevet d'études du 1er cycle du second degré") qui lui ouvrit la porte du lycée d'Enghien en seconde classique.

En 1970, après la fermeture du collège, la propriété fut rachetée par la commune et après rénovation deviendra l'école de Musique.