CADET de VAUX 1743-1828 Par Allain PrigentBtn page precedente

 

11 Cadet de vauxBiographie

Antoine Alexis Cadet de Vaux naît à Paris le 11 janvier 1743, son père Claude Cadet, né en 1695 à Régnault près de Troyes était le petit neveu d’Antoine Vallot anoblit en 1668 et qui fut tout d’abord médecin de la reine Anne d’Autriche puis le premier médecin de Louis XIV. Claude Cadet suivi des leçons de médecine et devint en 1716 chirurgien à l’Hôtel Dieu de Paris. Il décède le 19 février 1745 laissant à sa veuve pour tout héritage deux écus et treize enfants tous en bas âge, six filles et sept garçons. Son épouse se nommait Marie Madeleine Charlotte Godefroy, ses sept fils nous sont connus. Afin de se distinguer les uns des autres, ils ajoutèrent à leur nom celui du lieu où ils avaient été mis en nourrice.
Claude Antoine Cadet, l’aîné, n’a que dix-sept à la mort de son père. Ii se distingua comme chirurgien et phlébotomiste. Il devint le soutien de sa mère.
Ses frères trouvèrent un protecteur, ami de leur père, Monsieur de Saint Laurent qui se chargea de leur éducation. Il fut ancien trésorier général des colonies, on lui donne les titres de secrétaire du roi et directeur des fermes des gabelles et des domaines de Lorraine.
Louis-Claude Cadet de Gassicourt, né en 1731, pharmacien et chimiste, il fut nommé par Louis XVI commissaire du roi pour la manufacture de Sèvres. Il mourut en 1799.
Jean Cadet de Limay né en 1732, se tourna vers les ponts et chaussées. Ingénieur, il s’intitule : « directeurs des canaux d’Orléans, de Loing et de Briare ».
Jean-Baptiste Cadet de Senneville suivit une carrière d’avocat puis censeur royal pour la jurisprudence. Charles-Edme Cadet de Chambine entra dans les ponts et chaussées. Pierre Cadet de Fontenay choisit l’armée et termina sa carrière comme capitaine. Antoine-Alexis Cadet de Vaux était le treizième enfant de cette fratrie. Il n’a que deux ans à la mort de son père.
Le 4 juillet 1773, en présence d’une assistance nombreuse, il signe son contrat de mariage avec Louise Victoire Delaplace fille d’un marchand épicier, bourgeois de Paris. Il faut situer son mariage au 8 juillet après versement de la dot.
Ils eurent trois enfants, l’ainé, Charles-Antoine Cadet de Vaux, le cadet Benjamin-Louis né le 4 octobre 1779 dès l’âge de seize ans il va seconder son père dans les travaux et expériences agricoles, le troisième fils Marcellin né à Paris le 13 octobre 1787

Carrière

Monsieur de Saint Laurent va se charger de son éducation. Montrant des dispositions particulières pour la chimie après ses études préliminaires, on le plaça chez Monsieur Chamousset, apothicaire et philanthrope. Il a seize ans le 14 octobre 1759, il est nommé apothicaire-major gagnant maîtrise à l’hôtel royal des Invalides. Ses six années terminées le 14 octobre 1765 il obtint sa maitrise. Un an plus tard il quittera l’Hôtel des Invalides, il sera remplacé par Parmentier. A cette date se nouera une grande amitié entre les deux hommes.
Cadet de Vaux après avoir son droit d’apothicairerie, va faire l’acquisition d’une officine en octobre 1769. Entre temps il avait entrepris de traduire « les instituts de chimie de Spielman » qui lui valut la reconnaissance du monde scientifique, la place de pharmacien en chef à l’hôpital du Val de Grace, puis celle de professeur de chimie à l’école vétérinaire d’Alfort, plus tard le titre de censeur royal pour la chimie.
Cadet de Vaux fécond en idées nouvelles, voulut fonder un journal qui serait quotidien. Dès le mois de novembre 1776, il lance dans Paris un prospectus pour souscription, le nombre atteint un millier de souscripteurs avant parution. Le premier numéro paraît le 1° janvier 1777. C’était le succès assuré du « Journal de Paris » et Cadet de Vaux vend sa pharmacie.
Grâce au succès de son journal et délivré des soucis financiers, Cadet de Vaux s’investit dans les travaux qui le passionnent : l’hygiène et la santé publiques.
Les observations faîtes par Cadet de Vaux, portées au Conseil du Roi, aboutirent à la prohibition du cuivre et du plomb pour les usages alimentaires et remplacés par des matières inoffensives. La lutte contre le méphitisme, par ses observations, il fit utiliser un procédé simple et efficace avec chaux vive et feu. Plus funeste était le maintien au cœur de Paris du cimetière des innocents. L’air de ce cimetière était le plus insalubre que l’on pût respirer, les maisons étaient infectées, les habitants incommodés. Cadet de Vaux décida d’en obtenir la suppression. Dès 1775 il rédigea un mémoire avec des conclusions si inquiétantes que le lieutenant général de police refusa d’en autoriser la publication. Il était un immense charnier répandant les infections. La fermeture définitive fut effective le 1° décembre 1780 malgré une déclaration du roi en 1776 ordonnant la translation de tous les cimetières hors de la ville de Paris.
Entre temps, Cadet de Vaux avait été nommé « inspecteur général des objets de salubrité ».
C’est en chimiste qu’il se consacra aux arts de la meunerie et de la boulangerie, principalement à la panification de la pomme de terre, dans l’intention de conjurer les disettes. L’amitié entre Cadet de Vaux et Parmentier se transforma en une collaboration étroite. Le but, faire un pain avec la pomme de terre à l’exclusion de toute farine de céréales. Le pain était de très mauvaise qualité, pour y remédier, il créa avec Parmentier l’école de la boulangerie en 1780. Cette école disparue à la Révolution, et le 12 février 1789 elle fut réunie à la Société royale d’agriculture.
En 1785, il est admis à la Société d’agriculture en tant que chimiste. Des séances avec des agriculteurs sont organisées dans les régions pour traiter des problèmes ruraux on les nomma les « comices ». Cette institution sombra par un décret de la Convention le 8 aout 1793.

Cadet de Vaux à Franconville.

C’est le 22 aout 1788 qu’il acquit le domaine que possédaient en indivis Thomas de Cantorbery Becquet, Michel-François Becquet de Layance son frère et leur sœur Jacqueline Becquet. Cadet de Vaux mène dans son domaine, une vie simple de propriétaire terrien, entouré de sa femme et de ses enfants pendant plus de trente des dernières années de sa vie. De chimiste il va devenir agronome, le gout pour l’agriculture s’étant développé aux cours de ses randonnées comitiales.
La Révolution apporte des changements importants pour Cadet de Vaux et ses frères sur l’état de leurs finances. Il dira « pour le retour de notre fortune, nous ne voudrions pas voir renaître l’ancien ordre ».
Dès son installation à Franconville, il va se passionner pour l’économie domestique, alimentaire et rurale.
Il invente une « peinture au lait » sans odeur sèche rapidement et par suite de la combinaison de l’huile et de la chaux elle prévient ou détruit le méphitisme et ralentit la nitrification. Dans un autre domaine, celui d’alimentaire il n’a pas cessé de travailler à la panification de la pomme de terre. Il s’efforce d’en propager la culture et d’en étendre les appropriations. Cadet de Vaux consacre tout un volume à l’emploi des fruits dans l’économie domestique. Il donne des conseils pertinents sur l’usage des fruits. Cadet de Vaux s’élève dans ses écrits contre la dévastation des forêts, accuse ce déboisement de beaucoup de méfaits et principalement de la diminution des eaux. Pour remédier , il insiste sur la nécessité d’une organisation forestière. Un autre fléau s’abattait sur les cultures : la carie des blés. Il mit un nouveau procédé plus efficace pour la combattre. Un autre objet de ses travaux fut la vinification. C’était le chimiste qui opérait et non le viticulteur, il adopte de nouvelles méthodes et introduit le gleuco-oenomètre, indicateur du moment de décuver, appareil de son invention. Les agriculteurs reconnaissaient à Cadet de Vaux d’être utile aux progrès de l’agriculture.

L’homme politique

Son activité politique débuta à Franconville et fut de courte durée. Il devint vite par la Révolution, le personnage le plus important de la commune. Il exerça son influence parmi une population composée de vignerons et d’agriculteurs bien souvent illettrés.
Le 8 août 1789 l’assemblée paroissiale le charge de remettre une délibération au comité des subsistances de la ville de Paris et au marquis de Lafayette.
Le 14 novembre 1790, il est choisi pour présider l’assemblée générale de la commune. Cette même année il est commandant de la garde nationale de Franconville en remplacement du Marquis de Myons, émigrant au Piémont.
Le 17 septembre 1791, il fut élu par les membres du conseil général de Seine et Oise, administrateur pour le canton de Taverny. Le 22 novembre de la même année, il fut élu président du Conseil général du département de Seine et Oise.
Le 24 novembre 1793, les fermiers généraux sont emprisonnés dont Lavoisier. Cadet de Vaux ne pouvait rester indifférent à l’accusation envers son ami, tenta de le défendre au péril de sa vie, malgré tous ses efforts Lavoisier fut condamné à la guillotine le 8 mai 1794.
Le 30 juin 1795, la Convention avait décidé l’échange de la fille de Louis XVI, Marie-Thérèse-Charlotte de France dite Madame Royale, avec le général Beurnonville et des commissaires de la Convention que Dumouriez avait livré aux autrichiens LE 10 AVRIL 1793. Cadet de Vaux sera un des organisateurs avec Bénézech ministre de l’intérieur, du transfert le 30 novembre 1795.
La chute de Robespierre, le Directoire, le Consulat avaient ramené le calme dans les esprits. Le 24 décembre 1800 suite à l’attentat rue Saint Nicaise conjuration royaliste contre le premier consul Bonaparte, Cadet de Vaux ressentit une indignation exprima son opinion dans un journal apostrophant les philosophes qui avaient sollicité et obtenu la modération des peines. Cet article suscita des remous et fut sa dernière manifestation politique. Il se consacra alors à Franconville, à ses expériences agricoles.

Ses dernières années

Les dernières années furent difficiles financièrement malgré ses travaux et ses inventions. Causé par sa probité, sa générosité et son total désintéressement Cadet de Vaux eut de nombreux problèmes financiers, pour faire face à ses échéances, il ne vit d’autres ressources que la vente de son domaine le 13 juin 1821 à « Jean-André-Henry Lucas » chevalier de l’ordre royal de la Légion d’honneur, adjoint à son père M Lucas garde des galeries du Muséum royal d’histoire naturelle et agent de l’Institut royal de France.
Cadet de Vaux n’a plus d’attaches à Franconville, il se retire d’abord dans son domicile parisien rue de l’Éperon, puis il se réfugie chez son fils à Nogent les Vierges en 1827.
Il y arrive malade et mourut peut après dans sa quatre-vingt-cinquième année. C’est dans le cimetière de cette commune qu’il fut inhumé, aujourd’hui Nogent sur Oise.

Idées et inventions

La signalisation routière : il imagina de placer à chaque extrémité des communes des panneaux indicateurs. En 1791, fut installé à Franconville les premiers panneaux indiquant le nom de Franconville la Garenne, district de Pontoise, département de Seine et Oise et la distance de Pontoise 7 milles et de 6 milles vers Saint Denis.
Les établissements de secours : c’est en 1790 que fut établit le premier établissement pour recevoir tout citoyen frappé d’accidents imprévus et lui donner les premiers secours.
L’hospice anti hydrophobique : bâtiment isolé dans un hospice de la capitale pour favoriser la découverte d’un remède contre les crises de phobie dut à la rage au terme toujours fatal. Le but : observation de l’évolution de la maladie et études des différents remèdes et de leurs effets.
Le ventilateur : mécanisme qui permettait de purifier l’air et de supprimer les vapeurs méphitiques, dans l’esprit de Cadet de Vaux il ne devait pas s’appliquer seulement aux fosses d’aisance mais qu’il était le seul moyen de procurer un air salubre dans les lieux d’habitation.
La désinfection de la viande par le charbon : la valeur thérapeutique du charbon et son pouvoir désinfectant n’étaient pas encore connu au temps de Cadet de Vaux.
Les décors ignifugés.
Le glucomètre 
: instrument pour mesurer la quantité de sucre dans un liquide. Cet appareil devint la boussole de l’oenologiste.
Le galactomètre ou pèse-lait : reconnu le 15 juillet 1804, permettais de vérifier la qualité du lait et l’addition d’eau.
Le moulin à fécule : avec Parmentier ils avaient imaginé un moulin permettant d’extraire la fécule de pomme de terre.
La peinture au lait.
La carie des blés :
causé par le champignon tilletia, Cadet de Vaux utilisera une eau de chaux.